Financement du rail: vers la mère des batailles (6e partie)

Soleil et nuagesLe Conseil fédéral a dévoilé le 31 octobre 2018 son projet de message pour l’étape d’aménagement 2025-2035 du PRODES (programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire). Peu de surprises: avec la confirmation des projets de l’étoile zurichoise (5,2 milliards pour les tunnels de Brütten et du Zimmerberg II, ainsi que pour l’agrandissement de la gare de Zurich Stadelhofen), la mise à double voie du tunnel de base du Lötschberg sur le 2e tiers du trajet est la seule réelle nouveauté. La direttissima Neuchâtel–La Chaux-de-Fonds n’est pas explicitement confirmée, tandis que les 880 millions prévus pour l’amélioration des prestations sur l’axe Genève–Lausanne–Bienne restent dans un flou absolu.

Tous les documents officiels se trouvent sur le site de la Confédération, tandis que vous lirez ici les communiqués de presse de l’Etat de Vaud et de la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO), ainsi que les extraits de presse du 1 novembre des quotidiens Le Temps (éditorial et article sous la plume de Bernard Wuthrich) et de 24 heures, sous la plume de Renaud Bournoud.

Croix fédérale de la mobilité: premiers pas

Grand soleilA l’initiative de l’association Pro Gottardo, une rencontre informelle s’est déroulée à Lucerne le 4 juin 2018, avec la participation des membres de la citrap-vaud (communauté d’intérêts pour les transports publics, section vaud) et d’autres personnalités.

Les participants ont constaté une convergence de vue autour du projet de la «Croix fédérale de la mobilité», basé sur l’aménagement de deux axes ferroviaires à hautes performances Nord–Sud (Bâle–Zurich–Chiasso) et Ouest–Est (Genève–Lausanne–Fribourg–Berne–Zurich–Winterthour-Saint-Gall); la Croix fédérale de la mobilité doit rapprocher toutes les régions de la Suisse entre elles et accrocher la Suisse au réseau européen à grande vitesse.

Les participants sont convaincus de l’importance de préparer le projet Croix fédérale de la mobilité dès aujourd’hui; les soussignés déploieront tous les efforts nécessaires dans ce but, au niveau des cantons et de la Confédération, en appuyant notamment la motion de Marco Romano déposée ce printemps au Conseil national. Une prochaine rencontre du groupe se tiendra à la fin du mois d’août.

Groupe pour la Croix fédérale de la mobilité:

  • pour Pro Gottardo: Federica Colombo, Pietro Martinelli, Giovanna Masoni Brenni, Remigio Ratti et Renzo Respini;
  • pour la citrap-vaud: Daniel Mange et Tobias Imobersteg.

Vous trouverez ici l’exposé présenté à Lucerne par la citrap-vaud.

 

 

100e séance Plan Rail 2050: hommage aux pionniers de Swissmetro et d’EPFLoop

Grand soleilCréé en 2008, le groupe de travail Plan Rail 2050 de la citrap-vaud vient de commémorer sa 100e séance. Si le succès littéraire a été au rendez-vous, avec la parution des livres Plan Rail 2050 en 2010 et Bahn-Plan 2050 en 2012, du livre blanc Ligne ferroviaire nouvelle entre Genève et Lausanne en 2014, de notre rapport d’étape en 2016 et de notre contribution à la consultation sur l’étape d’aménagement 2025-2035 du PRODES (programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire), la construction d’un axe ferroviaire Genève–Saint-Gall à hautes performances (capacité et vitesse) n’a pas avancé d’un pouce.

Pour trancher avec l’immobilisme de cette magistrale, nous avons décidé d’honorer les pionniers du transport ferroviaire à grande vitesse: nous avons donc reçu et entendu, le 14 mai 2018, Rodolphe Nieth, concepteur du projet Swissmetro (voir son texte), Marcel Jufer, réalisateur de cet «avion sans aile» (voir son exposé), et, last but not least, quatre représentants de l’équipe EPFLoop, étudiant(e)s à l’EPFL qui construisent une capsule Hyperloop destinée à battre un record de vitesse cet été, le 22 juillet 2018, en Californie (voir leur exposé). Dans Le Temps du 23 mai 2018, Bernard Wuthrich prolonge le débat par une analyse des retombées actuelles du projet Swissmetro.

Le futur est clair: à l’automne 2018, le Parlement se penchera sur le message du Conseil fédéral consacré à l’étape d’aménagement 2025-2035 du PRODES. Il est crucial que l’étude de la «Croix fédérale de la mobilité», reposant sur un axe magistral de Genève à Saint-Gall –reliant toutes les métropoles du pays à l’exception de Bâle– et un axe européen –de Bâle à Chiasso par le Saint-Gothard– fasse partie intégrante de l’Arrêté fédéral y relatif.

Financement du rail: vers la mère des batailles (5e partie)

Soleil et nuagesLa Confédération propose des aménagements ferroviaires pour 2035 qui sont jugés insuffisants par la Suisse occidentale. Les sept conseillers d’État qui siègent à la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO) ont décliné, le 12 janvier 2018 à Berne, les projets ferroviaires indispensables pour leur canton. Reflets de cette conférence de presse dans 24 heures et Le Temps du 13 janvier 2018 (graphique 24 heures). Dans l’émission de la RTS Le 12h45 du 19 janvier 2018, les journalistes Bernard Wuthrich et Nicolas Rossé ont débattu de cette problématique, tout en relevant les mérites du «Plan Rail 2050» des citrap-vaud et CITraP Genève.

Financement du rail: vers la mère des batailles (4e partie)

Grand soleilAprès l’obole de la Berne fédérale à la Suisse occidentale –810 millions pour une 3e voie de 4,6 km entre Allaman et Saint-Prex, contre 6 milliards pour la région zurichoise (tunnels de Brütten et du Zimmerberg, gare de Stadelhofen)– les sections Genève et Vaud de la CITraP (Communauté d’intérêts pour les transports publics) réagissent vigoureusement à la consultation PRODES. Ligne à grande vitesse Mâcon–Genève, premier tronçon Nyon–Morges de la ligne nouvelle Genève–Lausanne, direttissima Neuchâtel–La Chaux-de-Fonds, première étape de la ligne nouvelle Aarau–Zurich, tels sont les projets phares soutenus par la CITraP pour l’étape 2025-2035 du programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire (PRODES). Ces projets visent trois objectifs majeurs: arrimer la Suisse au réseau européen à grande vitesse, accélérer les déplacements entres les métropoles helvétiques –de Genève à Saint-Gall– et, grâce aux tronçons nouveaux, augmenter la capacité des lignes historiques au profit du trafic régional et du fret.

Plus de détails dans le communiqué de presse du 12 janvier 2018 de la CITraP. A la page PRODES 2030/2035 de ce site, vous trouverez des informations plus complètes sur la consultation menée par l’Office fédéral des transports (OFT).«Plan Rail 2050»: la vision ferroviaire de la CITraP pour les prochaines décennies.

Financement du rail: vers la mère des batailles (3e partie)

Soleil et nuages«D’une seule voix, les Chablais vaudois et valaisan se mobilisent pour le prolongement de la ligne Aigle-Leysin des Transports publics du Chablais (TPC) et la réouverture de la ligne du Tonkin. Cette dernière, RER Sud-Léman de son nom officiel, entre Saint-Gingolph et Evian, est à l’abandon depuis 1998. Pourtant lancés depuis longtemps, ces deux projets n’ont pas été retenus par l’Office fédéral des transports (OFT) dans l’attribution des fonds de développement des infrastructures ferroviaires 2030-2035. Communes, institutions touristiques, organismes économiques se battent désormais pour les faire réintroduire.» Suite de l’article dans 24 heures du 9 janvier 2018, sous la plume de Christophe Boillat, qui a consacré un autre article au prolongement de l’Aigle-Leysin dans 24 heures du 23 décembre 2017 (graphique tiré de 24 heures du 23.12.2017).

De son côté, la citrap-vaud, qui s’est engagée depuis plusieurs années en faveur du développement d’un réseau ferroviaire moderne (notre projet «Plan Rail 2050») participe bien entendu à la consultation: notre prise de position paraîtra dans cette rubrique le 12 janvier 2018.

Financement du rail: vers la mère des batailles (2e partie)

Soleil et nuagesLa mise en consultation du nouveau message pour le financement du rail (voir notre article du 1 octobre 2017) tourne au casse-tête politico-financier; c’est du moins l’avis de Michel Béguelin, ancien conseiller aux Etats et fin connaisseur du rail, qui publie dans l’édition du 14 novembre 2017 de Domaine public un article décapant intitulé «La Confédération dépense et les usagers du rail compensent».

De son côté, la citrap-vaud, qui s’est engagée depuis plusieurs années en faveur du développement d’un réseau ferroviaire moderne (notre projet «Plan Rail 2050») participe bien entendu à la consultation en revenant sur sa revendication essentielle: la réalisation par étapes d’une ligne nouvelle Genève–Lausanne en lieu et place des perpétuels rafistolages de la ligne historique.

Enfin, dans Le Temps du 30 novembre 2017, Bernard Wuthrich résume les ambitions du canton de Neuchâtel, en particulier sa liaison directe avec La Chaux-de-Fonds en lieu et place du replâtrage de la ligne historique.

Lausanne–Berne: pas de ligne nouvelle… à court terme

Soleil et nuagesSur mandat du Conseil national, le Conseil fédéral a étudié s’il était opportun de modifier le tracé de la ligne CFF Berne–Fribourg afin de contourner la section Flamatt–Schmitten et de réduire, par la même occasion, le temps de parcours entre Berne et Lausanne. Selon les vérifications qu’il a opérées, aucune des variantes d’aménagement examinées n’aboutirait à des résultats positifs; en outre, des mesures d’assainissement prises sur la voie ont en grande partie résolu les problèmes qui s’y posaient. Par conséquent, le Conseil fédéral a décidé lors de sa séance du 8 novembre 2017 qu’il n’entendait pas faire construire de nouveau tronçon entre Berne et Fribourg. Vous trouverez ici le communiqué de presse du Conseil fédéral, ainsi que le rapport du même Conseil répondant au postulat du conseiller national Roger Nordmann, daté du 5 mai 2015. Le quotidien 24 heures du 9 novembre commente cette décision et souligne le voeu de la conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite qui souhaite que l’étude d’une ligne nouvelle soit incluse dans l’étape 2035 du PRODES (programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire).

Financement du rail: vers la mère des batailles

Grand soleilLe Conseil fédéral a mis en consultation le 29 septembre 2017 un nouveau message pour le financement du rail: l’étape d’aménagement 2025-2035 se déroulera dans le cadre d’un budget de 11,5 milliards. Après le percement des grands tunnels alpins accélérant le trafic nord-sud (tunnels de base du Lötschberg, du Saint-Gothard et du Monte Ceneri), l’étape 2025-2035 sera vouée aux problèmes posés par le trafic ouest-est, en particulier dans les deux régions au plus fort développement démographique et économique: la Métropole lémanique et le Grand Zurich. Dans sa version actuelle, le message prévoit donc plus de 800 millions pour l’aménagement de l’axe Yverdon–Lausanne–Genève et plus de 4 milliards pour la rénovation de l’étoile zurichoise: tunnel de Brütten entre Zurich et Winterthour, extension de la gare de Zurich-Stadelhofen et percement du tunnel du Zimmerberg II entre Thalwil et Zoug. Une nouvelle  liaison entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds est sauvegardée, tandis que le doublement intégral du tunnel de base du Lötschberg, la gare de passage souterraine de Lucerne et la liaison entre Bâle CFF et la gare badoise de Bâle («Herzstück») sont renvoyés à une étape ultérieure.

Vous trouverez ci-après le communiqué officiel du Conseil fédéral, avec des pointeurs sur diverses annexes et notamment sur le projet de message, le communiqué de presse de la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO), les extraits des quotidiens Le Temps (28 et 30 septembre) et de 24 heures (30 septembre).

La citrap-vaud, qui s’est engagée depuis plusieurs années en faveur du développement d’un réseau ferroviaire moderne (notre projet «Plan Rail 2050») va bien entendu participer à la consultation en revenant sur sa revendication essentielle: la réalisation par étapes d’une ligne nouvelle Genève–Lausanne en lieu et place des perpétuels rafistolages de la ligne historique.

(Photo Keystone, Le Matin du 29.9.2017)

 

 

 

 

 

PRODES 2030/2035: ombres et lumières

Soleil et nuagesDans une conférence de presse du 28 avril 2017, l’Office fédéral des transports (OFT) a dévoilé quelques traits de la prochaine étape d’aménagement du Programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire (PRODES): celle-ci se décline en deux variantes, l’une couvrant la période 2025-2030 (7 milliards), l’autre la période 2025-2035 (12 milliards). En sus d’une série de chantiers répartis dans toute la Suisse (800 millions pour les chemins de fer privés, 800 millions pour l’aménagement des gares et 200 millions pour la planification), les grands projets ont été évalués financièrement et sous l’angle du rapport coût/utilité, du moins rentable (gare de passage à Lucerne, 3,3 milliards) au plus rentable (ligne nouvelle Aarau–Zurich, 6,6 milliards) en passant par la ligne souterraine de Bâle (3,1 milliards), le doublement du tunnel de base du Lötschberg (0,9 milliard), le tunnel du Zimmerberg II entre Thalwil et Zoug (2,1 milliards), la gare de Zurich-Stadelhofen (1,1 milliard) et la ligne directe de Neuchâtel à La Chaux-de-Fonds (0,7 milliard).

Un constat inquiétant pour la Métropole lémanique: il n’y a aucune trace d’une ligne nouvelle entre Genève et Lausanne, et les éventuels aménagements de la ligne historique ne sont ni concrétisés, ni chiffrés.

Vous trouverez sur ce site le communiqué de presse de la Métropole lémanique, qui souligne le manque d’ambition de la Confédération en faveur du 2e pôle économique de la Suisse, ainsi que la page spéciale de 24 heures du 29 avril 2017.