Inauguration de l’Observatoire de la grande vitesse européenne

Grand soleilCarlo Pfund, qui a régné à la tête de l’Union des transports publics (UTP) de 1969 à 2000, s’est voué à dresser méticuleusement les moindres sursauts de la grande vitesse ferroviaire en Europe, des Pyrénées à l’Oural: lignes en exploitation, en travaux ou planifiées, rien n’a échappé à sa vigilance. Ses travaux, présentés sous forme de tableaux synoptiques, ont été publiés jusqu’en 2015 par la LITRA, le Service d’information pour les transports publics.

Dès le printemps 2016, c’est la citrap-vaud qui a le privilège d’accueillir sur son site Internet la nouvelle édition des travaux de Carlo Pfund, dans une rubrique bilingue intitulée Grande vitesse ferroviaire / Eisenbahnhochgeschwindigkeit. Grâce à Carlo Pfund, la citrap-vaud offre à ses membres, ainsi qu’aux visiteurs de son site, un véritable Observatoire de la grande vitesse européenne. Nous remercions Carlo Pfund pour son engagement et espérons que sa vision retiendra l’attention des décideurs politiques qui façonnent l’aménagement ferroviaire de notre pays.

Daniel Mange
Responsable du Groupe de travail «Plan Rail 2050» de la citrap-vaud

Frecciarossa(Photo railwaygazette.com)

St-Gothard: après le 28 février 2016

Lors de la votation populaire du 28 février 2016 (62,3% des électeurs y ont participé), la construction d’un 2e tunnel routier au St-Gothard a été acceptée par 57 % des votants – à un peu plus de 3 mois de l’inauguration du tunnel ferroviaire de base ! –. Seuls les cantons de Vaud et de Genève l’ont refusée, respectivement par 45,5 % et 45 % des votants. La citrap-vaud, par décision de son Assemblée générale de 2015, avait pris position contre ce 2e tunnel routier.
Certes, ce n’est que vers 2025 que débutera le chantier, et au mieux vers 2030 que ce nouveau tunnel sera mis en service. Les acteurs du débat qui a eu lieu avant cette votation se seront pour la plupart effacés du monde politique, et, avec eux, peut-être certaines promesses (transfert des marchandises de la route au rail, non-augmentation de la  capacité du tunnel routier [une seule piste utilisée par tube], etc.).
Dans les prochaines décennies il s’agira donc de se rappeler ces promesses. Pour cette raison, le comité de la citrap-vaud a décidé:
1) de conserver sur notre site internet l’argumentaire et la revue de presse tels qu’ils se présentaient juste avant cette votation sur la page Tunnels du St-Gothard;
2) de compléter cette même page par des interventions dans les médias (il y en a déjà une !) allant dans le sens d’une surveillance des promesses faites.

Accès à la page citée: ici.

Corridor ferroviaire Aarau–Zurich: vers une direttissima

Grand soleilLe corridor ferroviaire Aarau–Zurich arrive à saturation. Des mesures s’imposent donc à long terme afin d’éliminer ce goulet d’étranglement. Après avoir comparé plusieurs variantes, l’Office fédéral des transports (OFT) et les CFF préfèrent la solution d’une nouvelle liaison directe Aarau–Zurich-Altstetten et abandonnent les plans d’un tunnel au Chestenberg (communiqué de presse de l’OFT du 1 mars 2016).

A condition de prévoir un barreau Roggwil/Rothrist–Lenzbourg court-cicuitant les noeuds surchargés d’Olten et d’Aarau, cette décision serait compatible avec le projet «Plan Rail 2050» prévoyant notamment l’extension de l’axe à grande vitesse déjà existant Berne–Olten (Mattstetten–Rothrist) en direction de Zurich.

OFT1.3.16

Accident TGV d’Eckwersheim: le rapport d’enquête immédiate a paru

OrageEn date du 19 novembre 2015, la SNCF a publié son «Rapport d’enquête immédiate» sur l’accident du TGV d’essai survenu le 14 novembre 2015. L’enquête ne met en évidence aucune anomalie dans l’état et le fonctionnement de l’infrastructure, n’identifie aucun élément de défaillance de la rame d’essai No 744 de nature à avoir provoqué le déraillement et ne met en évidence aucun élément notable dans la gestion de la circulation.
En revanche, les enquêteurs attribuent de façon certaine le déraillement du train d’essai à une vitesse du convoi de 243 km/h au point de déraillement, nettement supérieure à celle prescrite au programme d’essai (176 km/h). Cette vitesse trop importante résulte d’une séquence de freinage tardif qui aurait dû être exercé sensiblement plus en amont.
A l’issue de cette phase d’enquête, dans un environnement d’organisations complexes, inhérent à la nature même des essais à conduire, la Direction des Audits de Sécurité préconise de poursuivre les investigations, en détaillant les procédures, les processus et leur application, c’est-à-dire dans le domaine des facteurs organisationnels et humains.

AccidentTGV14.11.15

Accident sur une rame d’essai du TGV Paris–Strasbourg

OrageLe 14 novembre 2015, une rame TGV de mesures et d’essais a déraillé à Eckwersheim, dans le Bas-Rhin, à 12 kilomètres de Strasbourg. Le TGV circulait sur un tronçon de la ligne à grande vitesse Paris–Strabourg non encore ouvert aux circulations commerciales; il a percuté un pont, quitté la voie puis est tombé dans le canal en contre-bas. Le bilan établi par la Préfecture est de 11 morts et de 37 blessés. Trois enquêtes sont en cours: l’enquête judiciaire, celle du Bureau enquête accident et celle interne à SNCF. Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a annoncé que ce déraillement sans «précédent», le plus grave depuis la mise en service du TGV en 1981, reste encore «inexpliqué». Plus de détails dans «La lettre confidentielle» No 92 du 16 novembre 2015 de la revue «Ville, rail & transports».

 HuffPost15.11.15(Photo Le Huffington Post du 15 novembre 2015)

Grande vitesse Bordeaux–Toulouse: l’EPFL au coeur du débat

Grand soleilLa grande vitesse dans le Sud-Ouest de la France est l’objet d’une vive controverse. L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) –et plus précisément son groupe LITEP, spécialisé dans les questions ferroviaires– a analysé le projet de LGV (ligne à grande vitesse) et les alternatives qui lui sont proposées pour relier Bordeaux à Toulouse.

Dans leur rapport de juillet 2015, les auteurs –sous la direction du Dr Panos Tzieropoulos– confirment notamment que le «prix de la minute gagnée» est plus élevé dans le scénario d’une requalification de la ligne actuelle (3,5 milliards d’euros pour des gains de temps de l’ordre de 20 minutes) que dans l’option d’une ligne nouvelle à grande vitesse (5,7 milliards pour des gains de temps de 49 à 56 minutes). Ils écartent aussi l’hypothèse de trains pendulaires; malgré des investissements conséquents, ces derniers ne permettraient de gagner que 17 minutes sur la ligne actuelle.

LITEP07.2015

De Charybde en Scylla: disparition du TGV Lyria de Genève à Lille

OragePériode sombre pour le rail. Après la disparition d’une série de relations Genève–Paris et Genève–Marseille des TGV Lyria (voir notre article du 20 octobre 2015), le site de la compagnie vient d’annoncer la suppression de la relation Genève–Lille, inaugurée en grandes pompes il y a un an à peine: «Lancée en décembre 2014, la ligne Genève<>Lille n’a pas rencontré le succès attendu. A compter du 15 octobre, elle ne sera plus commercialisée pour des circulations à partir du 13 décembre 2015».

Après les coups de boutoir de l’avion, puis du bus à prix cassés, le chemin de fer recule sans se battre. Une situation regrettable pour les voyageurs et pour tous ceux qui défendent le développement durable, parcimonieux en consommation d’énergie et en production de CO2. Plus de détails dans le communiqué de presse de la CITraP Genève du 21 octobre 2015.

Hémorragie des TGV de Genève à Paris et à Marseille

LT16.10.15OrageUne diminution sans précédent des dessertes Genève–Paris et Genève–Marseille est prévue pour la fin de l’année. Les défenseurs du rail dénoncent des choix néfastes. Plus de détails dans le communiqué de presse du 14 octobre 2015 de l’association rail dauphiné savoie léman (ardsl) et sur le site du quotidien Le Temps (16 octobre 2015) (photo Le Temps).

 

Les grands chantiers de la mobilité

Soleil et nuagesUne émission de la 1ère, RTS: Vacarme, le 30 août 2015, de 9h00 à 10h00.
Tunnels routier et ferroviaire du Saint-Gothard, contournement autoroutier de Morges, extension de l’aéroport de Genève, nouvelle ligne à grande vitesse Lyon-Turin… Les grands chantiers du transport en Suisse et en Europe sont nombreux. Ils sont censés répondre à une demande croissante de mobilité des marchandises et des personnes. Pour les Nations Unies, la mobilité serait «un moteur du développement humain».
Mais est-ce si sûr? Pourquoi et dans quel but réaliser de telles infrastructures? À qui profitent-elles? Quel est le sens de ces projets colossaux –nécessitant des prouesses techniques indéniables– mais qui se chiffrent en milliards et dont les conséquences environnementales sont le plus souvent minorées? Deux invités réagissent à des extraits de reportages diffusés durant la semaine: Pierre Dessemontet, collaborateur scientifique EPFL et Gillaume Courty, professeur à l’Université de Lille 2.

Vacarme