Enterrer pour mieux rouler

Soleil et nuagesLa possibilité d’enterrer les voies ferrées là où elles constituent un danger pour les véhicules routiers ou les piétons est une option d’actualité. A Lausanne, le percement du tunnel de 1,2 km qu’empruntera le Lausanne-Echallens-Bercher entre la place Chauderon et Union-Prilly est entré dans sa phase concrète au début de l’année. À Villars, l’idée d’enterrer le Bex-Villars-Bretaye (BVB) entre Arveyes et la gare de la station fait aussi son chemin (voir photo): sur ce tronçon, le train partage aujourd’hui la route cantonale avec l’automobile. Pour améliorer la liaison Aigle–Monthey, la future ligne de l’Aigle-Ollon-Monthey-Champéry passera deux fois sous terre. Enfin, entre Aigle et Leysin, le prolongement vers les remontées mécaniques de la Berneuse se fera en souterrain, comme un jour la traversée de la ville d’Aigle. Tous les détails dans 24 heures du 21 mars 2019, sous la plume de David Genillard (photo Chantal Dervey).

3 réflexions sur « Enterrer pour mieux rouler »

  1. Bonjour,

    Il est évident qu’il y a de nombreux avantages à séparer les flux route/rail. Mais alors, les coûts de construction doivent être partagés entre fond routier et fond ferroviaire. Voire même être à la charge entière du fond routier en cas de mise en tunnel.

    Il serait fondamentalement injuste que les transports publics financent des améliorations du trafic routier. C’est malheureusement déjà le cas avec le LEB à l’avenue d’Echallens. J’espère que l’Office des routes n’a pas trouvé un moyen de s’offrir gratuitement des routes neuves…

    Ensuite, ne surestimez pas les avantages à rouler en tunnel pour les transports publics. En séparant les flux en surface, des très bons résultats peuvent aussi être atteints. De plus, en surface, la visibilité et l’attractivité du transport collectif sont maintenues. En revanche, en sous-sol, elles disparaissent.

    À ce titre, la Forchbahn (Zurich) ou la Birsigtalbahn (Bâle) sont de bons exemples de réussites de réaménagement en surface.

    À l’inverse, l’enterrement du train du Centovalli à Locarno peut servir de repoussoir à cette idée. De même, les terminus enterrés du LEB au Flon ou du Saint-Bernard Express au Châble sont glauques.

    Enterrer les transports publics, c’est enterrer les piétons. Et c’est un urbanisme raté.

  2. Après le LEB, le Nyon-St-Cergue et une nouvelle fois du LEB, voici qu’on veut aussi enterrer le BVB ? Et ce, à l’heure où le retour du tramway en ville est à la mode ?! Les transports individuels motorisés, entravés par la trajectoire d’un train-tram, souhaitent voir cet obstacle disparaître, et ce en utilisant les fonds de transports publics. De plus, ils vendent ceci comme une amélioration des transports publics. C’est tout simplement une arnaque.

    Les voies de transport enterrées (piétonnes, routières ou ferroviaires) sont glauques, moins attractives et beaucoup plus coûteuses que les transports en surface. C’est donc les usagers les moins respectueux de l’environnement et de la sécurité qui devraient être enterrés.

    Je vais utiliser une expression à la mode ces temps : “La honte doit changer de camp.” Aux automobilistes d’avoir honte et plus aux utilisateurs des transports publics, qui ne doivent plus passer pour des “pauvres qui ne peuvent même pas s’offrir une voiture”.

    L’argument de dangerosité pour les piétons ne tient pas la route. Les véhicules automobiles conduits par des amateurs peu scrupuleux et pressés sont bien plus dangereux pour les piétons qu’un train sur route, conduit par un professionnel, qui ne peut pas quitter ses rails et qui a donc une trajectoire prévisible.

    Quand à l’amélioration des transports publics, laissez-moi rire. Un gain de deux ou trois minutes sur un tel trajet est une amélioration très minime, surtout si la cadence de desserte reste identique. En revanche le fait d’avoir un trajet enterré est une perte de valeur pour le train. Surtout sur un chemin de fer de montagne à vocation touristique !

    NON à cette arnaque du lobby routier ! Il s’agit d’une dilapidation de l’argent qui devrait réellement améliorer les transports publics.

  3. Entièrement d’accord avec tout ce qui précède : “La honte doit changer de camp” / “Le fait d’avoir un trajet enterré est une perte de valeur pour le train” / etc. Je préférerais aussi qu’on enterre le trafic routier. N’empêche que cela coûterait beaucoup plus cher, à cause de la nécessaire ventilation…

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